20
Jan
Amnesty International alerte sur une dérive autoritaire et une grave érosion des droits humains aux États-Unis
À l’occasion du premier anniversaire du retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, Amnesty International tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié mardi 20 janvier et intitulé Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States, l’organisation dénonce une montée inquiétante des pratiques autoritaires et un affaiblissement profond des droits humains dans le pays.
Selon Amnesty International, l’administration Trump a considérablement restreint l’espace civique et mis à mal l’état de droit, avec des conséquences qui dépassent les frontières américaines. « Nous sommes tous témoins d’une dangereuse trajectoire ayant déjà mené à une urgence en matière de droits humains sous la présidence Trump », a déclaré Paul O’Brien, directeur exécutif d’Amnesty International États-Unis. Il accuse l’administration de concentrer les pouvoirs, de détruire les normes démocratiques et de chercher à empêcher toute forme de redevabilité.
Le rapport analyse douze domaines interconnectés dans lesquels les piliers d’une société libre seraient fragilisés. Parmi eux figurent les attaques contre la liberté de la presse, la liberté d’expression et de réunion pacifique, l’accès à l’information, ainsi que les pressions exercées sur les universités, les organisations de la société civile, les juges, les avocat·e·s et le système judiciaire. Amnesty International souligne également le recul du droit à une procédure régulière et l’augmentation des atteintes aux droits des personnes réfugiées et migrantes, souvent désignées comme boucs émissaires.
L’organisation décrit des pratiques concrètes illustrant cette dérive : arrestations d’étudiant·e·s pour avoir manifesté sur des campus, opérations musclées et intimidantes menées par des agents masqués du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), et banalisation de la militarisation dans certaines villes. Parallèlement, les tentatives d’intimidation visant les médias affaiblissent leur capacité à révéler les violations des droits humains, tandis que la surveillance accrue et les représailles contre les manifestant·e·s dissuadent toute opposition.
Ces pratiques, qui se renforcent mutuellement, portent atteinte à de nombreux droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse, l’égalité et la non-discrimination, le droit de demander l’asile, le droit à un procès équitable et même, dans certains cas, le droit à la vie. Amnesty International souligne que ces schémas autoritaires ne sont pas propres aux États-Unis, mais rappellent ceux observés depuis des décennies dans d’autres pays à travers le monde.
« Lorsque les pratiques autoritaires deviennent pleinement visibles, les institutions censées limiter les abus de pouvoir sont souvent déjà profondément compromises », avertit l’organisation. Face à ce constat, Amnesty International formule une série de recommandations à destination de l’exécutif américain, du Congrès, des États fédérés, des autorités locales, des forces de l’ordre, mais aussi des entreprises – notamment du secteur technologique – et du public.









