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Nov
Barzakh : un quart de siècle à défendre la littérature en Algérie
La maison d’édition Barzakh, fondée en 2000 par Sofiane Hadjadj et Selma Hellal, célèbre ses vingt-cinq ans d’existence. Dans un reportage consacré à Barzakh, le journal français Libération souligne le rôle crucial de cette maison d’édition dans la défense de la liberté de création en Algérie.
Toujours selon Libération qui consacre un reportage à cet anniversaire, le nom Barzakh — d’origine perse — désigne dans le Coran « l’entre-deux », cet espace où l’eau douce et l’eau salée se rencontrent sans se mélanger. Un symbole que les fondateurs adoptent pour incarner une littérature qui refuse les simplifications, les camps imposés et la pensée figée.
Le quotidien français rapporte aussi que Barzakh s’est donné pour mission de faire redécouvrir aux Algériens les grands écrivains du pays publiés à l’étranger, comme Assia Djebar, Mohammed Dib ou Kateb Yacine, tout en révélant de nouvelles voix, aujourd’hui éditées en France : Hajar Bali, Kaouther Adimi, Samir Toumi, entre autres.
Sofiane Hadjadj raconte comment il découvre en 2011 une chronique de Kamel Daoud dans Le Quotidien d’Oran. Il appelle l’auteur et lui propose de transformer ce texte en livre, en lui donnant les moyens d’écrire. De cette collaboration naît Meursault, contre-enquête, futur succès d’Actes Sud, traduit dans plus de trente langues et lauréat du Goncourt du premier roman.
Libération souligne que la pandémie, la crise économique et le durcissement du climat politique ont failli faire disparaître Barzakh. Les fondateurs s’interrogent : comment continuer à publier lorsqu’on n’a plus prise sur rien ? Comment rester fidèle au lectorat algérien tout en demeurant lisible ailleurs, sans tomber dans le folklore ?
Le journal rapporte enfin que, malgré les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie — allant jusqu’à l’emprisonnement du journaliste Christophe Gleizes et de l’écrivain Boualem Sansal — Barzakh poursuit son travail. Parmi ses projets emblématiques, la collection Khamsa, publiée avec Philippe Rey, incarne cette volonté de rester en mouvement et d’accompagner la création.

