13

Jan

Mathilde Ollivier : « La France doit présenter des excuses et envisager des réparations »

En visite de travail en Algérie, la sénatrice écologiste française Mathilde Ollivier a accordé une interview à l’émission One2One, animée par le journaliste Khaled Drareni et diffusée sur la chaîne One TV. Un échange dense, marqué par les questions de relations algéro-françaises, de mémoire coloniale, de diplomatie parlementaire et de respect du droit international.

Pour sa première visite en Algérie, Mathilde Ollivier a tenu à souligner l’importance de la communauté française installée dans le pays, qu’elle décrit comme un véritable « pont entre deux cultures ». À travers cette communauté, explique-t-elle, se fait entendre « la voix du pays », mais aussi une attente forte d’apaisement et de normalisation des relations entre Alger et Paris, dans un contexte diplomatique parfois tendu.

La sénatrice a insisté sur le rôle central de la diplomatie parlementaire, qu’elle juge essentielle pour maintenir le dialogue entre la France et l’Algérie, y compris en période de crise. Selon elle, les échanges institutionnels et humains doivent primer sur les postures politiques de confrontation, seules capables de nourrir les incompréhensions.

Abordant l’actualité politique française, Mathilde Ollivier a vivement critiqué l’instrumentalisation des questions coloniales par l’extrême droite, notamment autour des accords franco-algériens. Elle a assuré que la résolution portée par ce courant politique n’aurait pas de suite au Sénat, dénonçant une stratégie idéologique à laquelle les écologistes et la gauche s’opposent fermement. Elle a également estimé que le départ de Bruno Retailleau pourrait ouvrir la voie à une période d’apaisement dans les relations bilatérales, regrettant que la fermeté excessive du ministère de l’Intérieur ait freiné le dialogue avec l’Algérie.

La question mémorielle a occupé une place centrale dans l’entretien. La sénatrice a plaidé pour une reconnaissance claire des crimes de la colonisation et pour la poursuite d’un travail de mémoire approfondi, mené avec les historiens et les pays concernés. Elle a appelé à dépolitiser le dossier sensible de la restitution des biens culturels, estimant que l’Algérie doit pouvoir demander la restitution de ses biens dans un cadre clair, encadré par des commissions d’experts et des procédures État à État. Pour Mathilde Ollivier, cette restitution doit inclure toutes les spoliations, y compris celles antérieures à 1815, afin que ces objets soient visibles, accessibles et pleinement réinscrits dans leur histoire.

Allant plus loin, la sénatrice a affirmé qu’il est important que la France présente des excuses pour la colonisation et envisage la question des réparations, considérant qu’il s’agit d’un pas nécessaire vers une relation franco-algérienne plus équilibrée et apaisée.

Sur le plan international, Mathilde Ollivier a également dénoncé ce qu’elle qualifie de violation du droit international et de la souveraineté du peuple vénézuélien, évoquant l’enlèvement de Nicolas Maduro par les forces américaines. Plus largement, elle a appelé à défendre le droit international et la coopération multilatérale face aux crises actuelles, notamment à Gaza et au Venezuela, soulignant que seule une diplomatie fondée sur l’échange et le respect mutuel peut permettre d’avancer.

À travers cette interview, la sénatrice écologiste française a livré une vision résolument tournée vers le dialogue, la justice mémorielle et le multilatéralisme, réaffirmant la nécessité de repenser en profondeur les relations entre la France, l’Algérie et le reste du monde.

RELATED

Posts