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Mai
La flottille Sumud dénonce une détention arbitraire et appelle à une mobilisation internationale
La Flottille mondiale Sumud condamne la décision du « tribunal de première instance d’Ashkelon » de placer Saif Abukeshek et Thiago Ávila en détention provisoire, dans un communiqué transmis à notre Rédaction.
Ils ont été illégalement enlevés par les forces navales israéliennes dans les eaux internationales au large de la Grèce et transférés vers la Palestine occupée plus tôt cette semaine.
Le tribunal a ordonné la prolongation de leur détention de deux jours supplémentaires, jusqu’au 5 mai.
Bien qu’aucune charge formelle n’ait été retenue contre eux, les procureurs israéliens ont formulé de larges accusations à caractère politique, dans une tentative de criminaliser l’action humanitaire.
Les avocates d’Adalah, Hadeel Abu Salih et Lubna Tuma, ont contesté la légalité de la procédure, soulignant que le régime israélien n’a aucune juridiction sur des civils étrangers arrêtés en eaux internationales. Elles ont également présenté des témoignages alarmants des deux civils, faisant état de graves abus, notamment des passages à tabac, des entraves physiques prolongées, des privations de vue et un isolement en mer — des traitements assimilables à de la torture au regard du droit international.
La décision rendue aujourd’hui s’inscrit dans un schéma plus large où les tribunaux de l’occupation israélienne servent à légitimer la détention illégale et la violence d’État dans les affaires impliquant des Palestiniens et leurs soutiens. Des procédures reposant sur des preuves secrètes et des motifs sécuritaires fabriqués suscitent depuis longtemps de sérieuses inquiétudes parmi les experts internationaux quant à l’absence de garanties d’un procès équitable et à l’usage systémique du système judiciaire pour soutenir des politiques contraires au droit international.
Ávila et Abukeshek ont été renvoyés au centre de détention de Shikma à Ashkelon et poursuivent une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire et les mauvais traitements subis.
Cette affaire n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une attaque prolongée contre la vie palestinienne et contre ceux qui agissent en solidarité avec elle.
La Flottille mondiale Sumud est une mission humanitaire civile opérant pleinement dans le respect du droit international, visant à briser le siège illégal imposé à Gaza, qui a engendré des conditions humanitaires catastrophiques et une famine généralisée parmi les Palestiniens.
Le 29 avril, les forces israéliennes ont lancé une opération militaire coordonnée contre la flottille dans les eaux internationales, à environ 500 milles nautiques de Gaza. Les communications ont été brouillées, des drones déployés, et des navires civils encerclés puis saisis. Plus de 180 participants non armés, issus de dizaines de pays, ont été arrêtés. L’aide destinée à une population assiégée a été bloquée de force.
Ces actes constituent de graves violations du droit international, notamment :
● La Convention sur le génocide, qui oblige tous les États à prévenir le génocide.
● La Quatrième Convention de Genève, qui protège les civils et impose la facilitation de l’aide humanitaire.
● La Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), qui garantit la liberté de navigation en eaux internationales.
● Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui interdit la détention arbitraire et protège le droit à la vie.
● L’entrave à l’aide humanitaire dans le contexte de Gaza, où la famine est utilisée comme arme, ce qui constitue, selon des experts, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
● La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Appel à l’action :
La Flottille mondiale Sumud appelle les gouvernements du monde entier, en particulier ceux de l’Espagne, de la Suède et du Brésil, à agir immédiatement :
● Exiger la libération immédiate et inconditionnelle de Saif Abukeshek, Thiago Ávila, Marwan Barghouti, Dr Hussam Abu Safiya et de tous les détenus palestiniens.
● Assurer une protection diplomatique urgente à leurs ressortissants détenus.
● Ouvrir des enquêtes publiques indépendantes sur l’attaque des navires civils en eaux internationales.
● Imposer des sanctions économiques significatives pour mettre fin aux violations du droit international.
● Exiger que des comptes soient rendus pour ces crimes, y compris le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie.
La flottille appelle également les parlementaires et responsables publics du monde entier à signer une déclaration commune exigeant justice et responsabilité.
Alors que l’inaction internationale se poursuit, la résistance civile s’intensifie. Des campements débuteront dès demain, avec d’importantes mobilisations prévues à travers l’Europe, notamment à Bruxelles.
Les participants de la Flottille Sumud ont agi parce que le monde n’a pas réussi à mettre fin à la destruction de la vie palestinienne. Les gouvernements font désormais face à un choix clair : défendre le droit international ou rester complices de sa violation.
Dans cet esprit, la flottille s’adresse également aux autorités tunisiennes, historiquement solidaires de la cause palestinienne, pour demander la libération immédiate de ses organisateurs locaux et appelle la Tunisie à rester fidèle à son engagement en protégeant ceux qui soutiennent Gaza, plutôt qu’en les poursuivant.









