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Francesca Albanese sur One TV : « Sans justice pour Gaza, il n’y aura ni reconstruction ni paix »

Invitée de l’émission One 2 One de Khaled Drareni sur la chaîne de télévision algérienne One TV, la Rapporteure spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a livré une analyse sévère et sans concession de la situation à Gaza, dénonçant ce qu’elle qualifie de violations massives du droit international humanitaire et l’inaction de la communauté internationale.

Selon Francesca Albanese, plus de 70 000 Palestiniens ont été tués à Gaza, majoritairement des civils, parmi lesquels un grand nombre de femmes et d’enfants. Elle estime que l’ampleur des destructions et des pertes humaines impose une réponse juridique internationale immédiate. « Nous ne sommes pas face à une tragédie abstraite, mais à des crimes qui engagent des responsabilités précises », a-t-elle déclaré.

La rapporteure spéciale a également dénoncé le ciblage des journalistes à Gaza, qualifiant ces actes de crimes de guerre. Pour elle, l’impunité actuelle mine les fondements mêmes du droit international : « La justice internationale doit agir si elle veut conserver sa crédibilité », a-t-elle insisté.

Abordant la question de l’après-guerre, Francesca Albanese a affirmé que la reconstruction de Gaza ne peut précéder la justice. Toute tentative de rebâtir sans établir les responsabilités reviendrait, selon elle, à « reconstruire sur des ruines morales et juridiques ». Elle a par ailleurs mis en cause le rôle de certaines multinationales, qu’elle accuse d’alimenter une « économie de génocide » issue de l’occupation, appelant à un examen sérieux des chaînes de responsabilité économique.

Si elle reconnaît l’utilité des campagnes de boycott des entreprises, Francesca Albanese les juge insuffisantes. Elle appelle les États à aller plus loin en rompant leurs relations économiques avec Israël, estimant que les engagements politiques sans mesures contraignantes restent inefficaces.

Rejetant toute personnalisation de son combat, elle a tenu à préciser : « Je ne suis pas une héroïne. Je suis la voix du droit international pour les Palestiniens. » Elle a également critiqué la politique italienne au Moyen-Orient, qu’elle juge décevante et éloignée des principes du droit international.

Sur le plan politique, la rapporteure spéciale a affirmé qu’il ne peut y avoir d’espoir de paix sans la fin de l’occupation israélienne et de ce qu’elle qualifie de régime d’apartheid. Elle plaide pour une solution fondée sur l’égalité des droits, associant Palestiniens et Israéliens dans la construction d’un État juste.

Concernant les initiatives diplomatiques en cours, Francesca Albanese s’est montrée critique à l’égard de la résolution 2803 du Conseil de sécurité, estimant qu’elle ne garantit pas le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. De même, elle considère que la reconnaissance de l’État palestinien, bien que symboliquement importante, « ne suffit pas si l’intégrité territoriale et les droits fondamentaux du peuple palestinien ne sont pas protégés ».

Malgré la destruction quasi totale de Gaza, Francesca Albanese a conclu sur une note de résilience : « Gaza est détruite, mais le peuple palestinien survivra. » Une affirmation qui résume, selon elle, la détermination d’un peuple face à ce qu’elle décrit comme l’une des plus graves crises morales et juridiques de notre époque.

Voici l’intégralité de l’interview :

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