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Juil
Affaire Pegasus : le Maroc de nouveau mis en cause dans l’espionnage de ministres français
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu effectue depuis le 15 juillet une visite officielle à Rabat, accompagné de douze membres du gouvernement, parmi lesquels le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Cette visite s’inscrit dans le cadre du rapprochement entre la France et le Maroc engagé depuis l’été 2024, après la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Parallèlement à cette séquence diplomatique, le consortium d’investigation Forbidden Stories a publié de nouvelles informations sur l’affaire du logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group. Les révélations concernent notamment le ciblage présumé de plusieurs responsables français entre 2019 et 2020 par le pouvoir marocain.
Selon les éléments publiés, des analyses techniques réalisées par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) auraient mis en évidence des indices de compromission sur les téléphones de plusieurs membres du gouvernement français de l’époque, notamment Florence Parly, alors ministre des Armées, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.
Sébastien Lecornu aurait également figuré parmi les personnes visées à partir de juillet 2019, lorsqu’il était ministre chargé des Collectivités territoriales. Les investigations font état de marqueurs techniques rapprochés d’opérations attribuées par les enquêteurs à des intérêts marocains.
L’enquête révèle par ailleurs que les autorités françaises étudiaient, à la même période, une éventuelle acquisition du logiciel Pegasus. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la Direction du renseignement militaire (DRM) et le ministère de la Justice se seraient intéressés à cet outil dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic. Le coût du projet était estimé entre 60 et 80 millions d’euros, avant d’être finalement abandonné fin 2020 à la suite d’un arbitrage de l’Élysée.
Le Maroc a toujours rejeté les accusations d’utilisation de Pegasus à des fins d’espionnage contre des responsables français, contestant les conclusions des enquêtes publiées et réclamant la présentation de preuves. L’affaire fait toujours l’objet d’une enquête judiciaire en France.







