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Mar

Monika Schmutz Kirgöz : alerte sur l’Iran, plaidoyer pour Gaza et pari sur l’Algérie

Dans un contexte international particulièrement tendu, la secrétaire d’État adjointe suisse chargée de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Monika Schmutz Kirgöz, a livré une lecture globale des crises actuelles et du rôle que peut jouer la Suisse, en commençant par les inquiétudes majeures au Moyen-Orient.

Dans un entretien accordée à l’émission one2one sur la chaîne de télévision One TV, elle s’est dite profondément préoccupée par l’escalade entre l’Iran, les États-Unis et Israël, mettant en garde contre un risque réel de guerre régionale. Les espoirs suscités par les négociations sur le nucléaire iranien à Genève se sont, selon elle, progressivement dissipés au profit d’une dynamique conflictuelle. Dans ce climat explosif, la diplomate insiste sur l’urgence de la désescalade, alors que le Liban pourrait être entraîné dans ce conflit, notamment avec la reprise des frappes du Hezbollah, jugées « très dangereuses » pour la stabilité du pays.

Concernant Gaza, la responsable suisse a tenu à souligner que son pays « n’est pas silencieux ». La Suisse a mobilisé plus de 150 millions de francs pour soutenir la population palestinienne, réaffirmant ainsi son engagement humanitaire dans un conflit qui continue de susciter une vive inquiétude sur la scène internationale.

Sur le plan bilatéral, Algérie occupe une place importante dans la stratégie helvétique. Les relations entre Alger et Berne sont qualifiées de « bonnes, profondes et stratégiques ». Malgré certaines difficultés rencontrées par des entreprises suisses, Monika Schmutz Kirgöz estime que le potentiel de coopération économique reste considérable, notamment pour améliorer le climat des affaires entre les deux pays.

La secrétaire d’État adjointe suisse chargée de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient a également mis en avant la qualité de la communauté algérienne en Suisse, forte d’environ 5 000 personnes, souvent dotées de parcours remarquables. Elle a salué une coopération « extraordinaire » en matière de migration, tout en reconnaissant que ce sujet peut générer des tensions. Toutefois, elle insiste sur la spécificité suisse : une culture politique fondée sur le dialogue profond, qui permet d’aborder ces enjeux de manière apaisée.

Dans un registre plus large, elle a défendu l’image d’une diplomatie suisse « agile et rapide », capable de s’adapter aux mutations du monde et de jouer un rôle utile dans la résolution des crises. Genève, notamment, continue de servir de plateforme pour des discussions sensibles, y compris entre la Russie et l’Ukraine, avec des avancées certes modestes mais jugées significatives.

Enfin, évoquant la montée de l’extrême droite en Europe, Monika Schmutz Kirgöz a nuancé son propos en affirmant que ce phénomène ne se retrouve pas en Suisse de la même manière, soulignant à nouveau la solidité du modèle politique helvétique basé sur le compromis et la concertation.

À travers cette intervention, la diplomate esquisse le positionnement d’une Suisse qui cherche à peser, sans bruit mais avec constance, dans un monde en recomposition rapide.

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