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Guerre Iran–États-Unis : « Les bombardements ne donnent pas la victoire », analyse Gamal Abina
Dans un entretien accordé à nos confrères de La Patrie News, Gamal Abina décrypte les enjeux de la confrontation armée opposant l’Iranaux États-Unis et à Israël. Il estime que l’assassinat du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, constitue un choc majeur mais non fatal pour la République islamique.
Selon lui, le système du velayat-e faqih garantit la continuité du pouvoir à travers l’Assemblée des experts, chargée de désigner un successeur. Plusieurs noms circulent, dont le président Massoud Pezechkian, mais Abina souligne que le critère religieux demeure déterminant. Il insiste sur la solidité institutionnelle d’un régime structuré depuis près de cinq décennies, combinant autorité religieuse et appareil républicain, rendant improbable un effondrement rapide ou une implosion interne comme l’espéraient Washington et Tel-Aviv.
L’analyste considère que la riposte iranienne, marquée par des frappes simultanées contre des bases américaines dans le Golfe et contre des cibles israéliennes, a déjoué les anticipations occidentales. Il met en avant la montée en puissance technologique de Téhéran, notamment avec les drones Shahed, capables selon lui de neutraliser des équipements stratégiques à coût réduit. Les frappes visant des sites comme Natanz ou Fordow n’auraient pas, d’après lui, porté un coup décisif aux capacités nucléaires iraniennes, en raison d’un dispositif de dissimulation et de dispersion anticipé de longue date. Abina rappelle l’étendue du territoire iranien, ses infrastructures souterraines et son potentiel humain considérable, estimant que les tentatives de « décapitation » de l’État n’ont pas atteint leur objectif stratégique.
Concernant le président Donald Trump, Gamal Abina juge son pari risqué et politiquement coûteux. Il estime que l’entrée dans une confrontation prolongée contredit ses promesses de campagne, notamment celle d’éviter de nouveaux conflits armés. Selon lui, l’absence d’aval formel du Congrès et la perspective de pertes humaines pourraient fragiliser l’exécutif américain à l’approche des échéances électorales. Abina avance que la seule porte de sortie viable serait une désescalade négociée, incluant un plafonnement de l’enrichissement d’uranium et des garanties mutuelles, plutôt qu’une tentative de désarmement unilatéral imposé à Téhéran.
Enfin, l’expert écarte l’hypothèse d’une victoire militaire israélo-américaine obtenue par les seuls bombardements. S’appuyant sur des précédents historiques, il affirme qu’aucune nation n’a été vaincue durablement sans invasion terrestre. Or, selon lui, une opération d’ampleur contre l’Iran serait extrêmement complexe sur le plan géographique et humain. Il alerte également sur les répercussions économiques mondiales, notamment un possible choc pétrolier en cas de blocage du détroit d’Ormuz. Pour Abina, cette guerre pourrait accélérer l’émergence d’un nouveau paradigme militaire dominé par les drones, les missiles guidés et les technologies hypersoniques, redistribuant les équilibres stratégiques régionaux et internationaux.









