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Dominique de Villepin alerte sur l’escalade au Moyen-Orient : « La guerre n’est pas un jeu »
Lors d’une interview accordée ce dimanche matin à la chaîne française d’information en continu BFM TV, l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a livré une analyse sévère de la situation actuelle au Moyen-Orient et appelé à un sursaut diplomatique de l’Europe, en particulier de la France.
Selon lui, la région traverse une phase de tensions dangereuses, marquée par des décisions politiques et militaires qui risquent d’aggraver les crises existantes. Il a notamment estimé que la récente attaque visant une usine de dessalement d’eau de mer en Iran, attribuée aux Émirats arabes unis, constitue une bétise. « Les Émirats auraient peut-être pu riposter, mais certainement pas de cette manière », a-t-il déclaré, soulignant les risques humanitaires et environnementaux liés à ce type d’infrastructures vitales.
Évoquant également la situation régionale, il a décrit Dubaï comme « une anomalie au Moyen-Orient », estimant que certains investissements spectaculaires, notamment dans des projets culturels et muséaux, ne répondent pas toujours aux réalités sociales ou aux besoins politiques de la région.
L’ancien chef du gouvernement français a par ailleurs critiqué la stratégie menée par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans la région, notamment au Liban. Selon lui, la guerre qu’ils mènent ne vise ni le bien du peuple iranien ni la promotion de la démocratie en Iran. « Au contraire, elle ajoute de la destruction à la dictature déjà existante », a-t-il affirmé.
« La guerre n’est pas un jeu », a insisté Dominique de Villepin, appelant les dirigeants européens à prendre pleinement la mesure des enjeux. Il a exhorté l’Europe et la France à jouer un rôle diplomatique actif afin d’éviter une escalade incontrôlable.
Dans ce contexte, il a également évoqué le rôle du président français. Selon lui, « la place d’Emmanuel Macron n’est pas à Chypre ou ailleurs, mais au Palais de l’Élysée pour suivre les opérations et l’évolution de la guerre ».
Pour Dominique de Villepin, seule une mobilisation diplomatique forte de l’Europe permettra d’éviter que les tensions régionales ne dégénèrent en un conflit encore plus large et déstabilisateur pour l’ensemble du Moyen-Orient.









