29

Mar

Abdelaziz Rahabi rend hommage à Liamine Zeroual : « le patriote sans concession et l’homme d’Etat intègre »

L’ancien ministre et ambassadeur, Abdelaziz Rahabi, a rendu un vibrant hommage au président défunt Liamine Zeroual.

« Il incarnait une certaine idée de l ‘Algérie faite d’engagement sincère, de rectitude morale et de convictions.C’est l’appel du devoir national disait-il pour expliquer ce qui avait motivé sa décision de se présenter à l’élection présidentielle en novembre 1995 en pleine crise politique et sécuritaire au moment même où beaucoup d’autres désertaient. L’organisation d’élections présidentielles dans des conditions exceptionnelles a été un événement majeur dans le processus de normalisation et de stabilisation de la situation en Algérie, soumise aux pressions et calculs étrangers et à la violence terroriste que la Loi sur Errahma n’avait pas réussi à réduire dans les proportions attendues. », écrit Abdelaziz Rahabi.

Pour l’ancien ministre de la Communication de Liamine Zeroual, ce dernier « avait réussi, pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante à mettre l’Algérie sur la voie de la modernisation politique en limitant à deux exercices les mandats présidentiels dans la Constitution de novembre 1996. A travers cette mesure, la première dans la monde Arabe et en Afrique le Président Zéroual cherchait à favoriser l’alternance et à limiter les déviations produites par la présidence à vie, source de corruption et d’impunité comme nous avons pu l’expérimenter sous Bouteflika. »

Cette séquence dans l’histoire de notre pays, poursuit Abdelaziz Rahabi, « renseigne sur la stature de l’homme d’Etat et sur la posture de l’homme de pouvoir dont les excès ont alerté la conscience civile et nourri la formation de l‘idée du Hirak. »

Zeroual considérait le Hirak comme une bénédiction pour l’Algérie, une opportunité pour sa jeunesse et un espoir pour son peuple. C’est à ce titre qu’il avait décliné fin mars 2019 l’offre qui lui a été faite de diriger une Autorité de transition conçue avant tout pour s’appuyer sur un prestige intact de l’ancien président mais destinée en réalité à donner un sursis politique inespéré à un Bouteflika apparu sans base politique et populaire et sans soutien institutionnel.
La déclaration du Président Zeroual publiée le 02 avril 2019 avait constitué alors un tournant dans le rapport des forces en présence, comme elle a favorisé la recherche d’une issue politique et pacifique à la crise et préservé ainsi le Hirak d’une confiscation programmée.

« J’ai servi sous l’autorité du Président Zeroual en qualité d’Ambassadeur en Espagne, de ministre de la cuture et de la communication et de porte-parole du gouvernement », rappelle Abdelaziz Rahabi. « J’ai maintenu le contact avec lui après son départ volontaire de la Présidence de la République et sa retraite à Batna où il avait continué à défendre avec détermination les mêmes convictions auprès de ses interlocuteurs officiels tout comme auprès des autres visiteurs. »

« En exercice, le Président Zeroual était accessible et attentif aux préoccupations des plus démunis d’entre les algériens et très soucieux de l’image de l’Algérie. Il ne craignait pas les attaques de l’opposition partisane et des syndicats avec lesquels il dialoguait périodiquement , ni les critiques de la presse qu’il percevait comme un contre-pouvoir nécessaire à l’équilibre des pouvoirs lui-même indispensable à la cohésion nationale. A ce titre, il aimait à répéter que la vocation des médias était d’informer et de former et non pas flatter les dirigeants tout comme il était allergique à toute forme de glorification. Il avait un rapport très distant avec le pouvoir et ses représentations formelles ou matérielles et considérait que seule la vérité pouvait satisfaire notre peuple. », écrit l’ancien diplomate dans cet hommage poignant à l’ancien chef de l’Etat.

RELATED

Posts