3

Fév

Venezuela : une attaque américaine illégale sur fond d’impunité persistante selon Amnesty International

Selon Amnesty International, l’attaque menée par les États-Unis contre le Venezuela le 3 janvier constitue un recours illégal à la force au regard de la Charte des Nations unies et représente une menace grave pour l’ordre international fondé sur des règles. Dans un communiqué publié le 3 février 2026, l’organisation de défense des droits humains dénonce une violation flagrante du droit international, mettant en danger les populations civiles et affaiblissant les mécanismes censés prévenir les conflits armés.

Parallèlement à cette intervention militaire, la situation des droits humains au Venezuela demeure critique. Malgré le changement politique et l’installation d’un gouvernement par intérim dirigé par Delcy Rodríguez, l’appareil répressif de l’État reste largement intact. Les crimes contre l’humanité commis sous la présidence de Nicolás Maduro continuent de faire l’objet d’une impunité quasi totale, en l’absence de véritables enquêtes, de poursuites judiciaires et de garanties de non-répétition. Les défenseur·e·s des droits humains et l’espace civique restent particulièrement exposés à la répression et à la criminalisation.

Amnesty International condamne sans équivoque à la fois l’usage illégal de la force par les États-Unis et les violations massives des droits humains imputables aux autorités vénézuéliennes. L’organisation insiste sur le fait que la dénonciation de l’intervention militaire américaine ne doit en aucun cas occulter la nécessité d’établir les responsabilités pour les crimes de droit international commis au Venezuela. Selon sa secrétaire générale, Agnès Callamard, « on ne répare pas une injustice par une autre » : justice, vérité et réparations sont indispensables pour toutes les victimes.

Sur le plan juridique, le droit international est explicite. La Charte des Nations unies interdit le recours à la force, sauf en cas de légitime défense face à une agression armée ou avec l’autorisation du Conseil de sécurité. Or, ni les accusations de trafic de drogue ni la volonté affichée de contrôler les ressources naturelles du Venezuela ne constituent des bases légales valables. L’opération du 3 janvier, impliquant des attaques armées et des actions coercitives sur le territoire vénézuélien, répond à la définition d’un acte d’agression telle qu’énoncée par la résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations unies.

Dans un contexte international déjà marqué par la multiplication des menaces et des interventions unilatérales, Amnesty International appelle les États à faire front commun pour défendre la Charte des Nations unies, le droit international humanitaire et les traités relatifs aux droits humains. Faute de quoi, avertit l’organisation, la normalisation de la « loi du plus fort » risque d’éroder durablement les protections fondamentales des populations civiles et de fragiliser la paix mondiale.

RELATED

Posts