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Sep

Une association sahraouie alerte sur les tentatives de l’UE de conclure de nouveaux accords incluant le Sahara occidental

L’Association pour le suivi des ressources naturelles au Sahara occidental (AREN) exprime sa « profonde inquiétude » face aux démarches entreprises au sein de la Commission européenne visant à conclure de nouveaux accords avec le Maroc incluant le Sahara occidental. Une telle initiative constituerait, selon elle, une « violation flagrante » de l’arrêt rendu le 4 octobre 2024 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Cet arrêt historique a confirmé que le Sahara occidental est un territoire « distinct et séparé » du Maroc, et que tout accord international ou commercial impliquant ses terres, ses eaux ou ses ressources naturelles requiert le consentement du peuple sahraoui, représenté par le Front Polisario.

Une situation humanitaire et politique critique

L’AREN rappelle que le peuple sahraoui reste divisé : d’un côté, des réfugiés contraints de survivre dans des camps aux conditions humanitaires difficiles ; de l’autre, une population soumise à un contrôle marocain qualifié de « forcé », dans le cadre d’un conflit supervisé par les Nations unies. Les violations systématiques des droits humains, l’exploitation illégale des ressources naturelles, ainsi que des restrictions sécuritaires, militaires, économiques et sociales sont régulièrement documentées.

« Le peuple sahraoui détient un droit exclusif sur ses ressources naturelles. Toute exploitation sans son consentement constitue un pillage, reconnu comme crime au regard du droit international », insiste l’association, qui dénonce la persistance d’accords économiques « illégaux » et « dangereux pour la stabilité régionale et la crédibilité de l’Union européenne ».

Une souffrance historique

Depuis près de cinquante ans, le Sahara occidental vit dans une situation d’exception, privée du droit à l’autodétermination pourtant reconnu par l’ONU. L’AREN rappelle l’épisode du camp de protestation de Gdeim Izik, en 2010, symbole de la volonté sahraouie de dénoncer les conditions de vie imposées, le manque de libertés et l’accaparement de leurs ressources.

Un avertissement aux institutions européennes

Selon l’association, la conclusion de nouveaux accords commerciaux incluant le Sahara occidental « engagerait la responsabilité juridique des institutions européennes » et exposerait, à terme, les contribuables européens à d’éventuelles demandes d’indemnisation du peuple sahraoui, « partie légitime exclue de ces accords ». Elle rappelle que des accords similaires, déjà approuvés par le Parlement européen, ont été annulés par la justice européenne, dans un contexte marqué par le scandale du « Maroc Gate », qui a révélé l’influence de réseaux de lobbying marocains à Bruxelles.

Appel à la société civile européenne

L’AREN appelle enfin les organisations de la société civile européenne à défendre le droit international et les valeurs fondatrices de l’Union, plutôt que de cautionner des politiques de fait accompli. « S’engager dans des accords incluant le Sahara occidental sans le consentement de son peuple est une violation du droit et une atteinte à la crédibilité de l’UE », prévient l’association, qui dit être prête à coopérer avec ses partenaires européens pour promouvoir transparence et justice.

« Le respect du droit et de la justice reste le seul chemin pour garantir un avenir commun basé sur les valeurs fondatrices de l’Union européenne », conclut l’AREN.

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