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La commission des affaires étrangères du Sénat américain critique l’absence d’un ambassadeur des États-Unis à Alger
La Commission des relations étrangères du Sénat américain a tenu, le mardi 3 février 2026, une audition consacrée à l’examen des efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique du Nord, dans un contexte marqué par ce que les membres de la commission ont qualifié de défis diplomatiques graves affectant les intérêts des États-Unis dans la région.
Lors de cette séance, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, élue du New Hampshire a vivement critiqué la vacance persistante de plusieurs postes diplomatiques clés. Elle a souligné que trois des cinq postes d’ambassadeurs en Afrique du Nord restent inoccupés, malgré la confirmation par le Sénat de candidats présidentiels pour certains de ces postes.
La sénatrice a également exprimé son étonnement face à la décision de l’administration de retirer deux diplomates de carrière de leurs fonctions d’ambassadrices en Algérie et en Égypte, estimant que cette démarche ne sert pas les intérêts américains. Selon elle, les ambassadeurs professionnels disposent d’une longue expérience non partisane et jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre de la politique étrangère des États-Unis.
Mme Shaheen a averti que l’absence d’ambassadeurs accrédités affaiblit la capacité de Washington à faire face à des dossiers complexes tels que la lutte contre le terrorisme, et place les États-Unis en position de retard face à des concurrents internationaux, notamment la Chine, qui intensifient leur présence diplomatique dans la région.
De son côté, Robert Palladino, haut responsable au Bureau des affaires du Proche-Orient du département d’État américain, a affirmé que la présence d’une équipe diplomatique complète sur le terrain constitue une priorité pour l’administration. Il a précisé que le remplacement des ambassadeurs intervient parfois lors des transitions entre administrations, dans ce qu’il a qualifié de « processus naturel » du fonctionnement diplomatique.
Cette justification a toutefois été fermement rejetée par la sénatrice Shaheen, qui s’est appuyée sur ses près de 18 années d’expérience au sein de la commission pour rappeler que les ambassadeurs de carrière restent généralement en poste jusqu’à la nomination officielle de leurs successeurs. Leur retrait sans remplacement immédiat porte, selon elle, un préjudice direct aux intérêts américains.
En conclusion, la sénatrice a insisté sur l’importance stratégique de l’Algérie en tant que partenaire clé des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme, avertissant que le vide diplomatique actuel pourrait faire manquer une opportunité stratégique majeure, à un moment où Alger montre des signes de volonté de réorienter ses relations internationales, en s’éloignant de la Russie pour se rapprocher davantage de Washington.









