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Fév

Peintures murales ottomanes en Algérie : entre richesse patrimoniale et défis de conservation

Les peintures murales ottomanes, témoins précieux de l’histoire culturelle de l’Empire ottoman, continuent de fasciner par leur diversité et leur richesse stylistique. Ces œuvres décoratives, présentes dans les palais algériens comme Dar Hassan Pacha à Alger, le Palais Ahmed Bey à Constantine ou le Palais du Bey d’Oran, reflètent à la fois les sensibilités esthétiques de leur époque et les influences régionales spécifiques aux provinces de l’empire.

Ces questions ont été abordées lors d’une rencontre organisée ce samedi 21 février à la Maison diocésaine des Glycines à Alger, en présence de spécialistes tels que Karaaslan Muzaffer, historien d’art turc, ainsi que des experts algériens du patrimoine.

Pour la conservatrice-restauratrice Aïda Menouer, « Le palais Hassan Pacha est un véritable emblème de la ville d’Alger. Il a traversé les époques, depuis l’époque romaine jusqu’à nos jours. Nous avons la chance de travailler sur les peintures murales de l’époque ottomane, mais également sur les ajouts et modifications apportés durant la période coloniale française. Notre mission consiste à valoriser l’ensemble des strates historiques qui constituent ce palais. »

L’architecte Abdelhakim Sahbi Hameg a souligné les enjeux liés à la préservation de ce patrimoine dans la Casbah d’Alger : « Il existe une réelle volonté de protéger ce site historique. Mais la problématique foncière complique les choses : deux tiers des propriétaires sont absents, ce qui freine les programmes de sauvegarde. L’État a mis en place des moyens considérables et une cellule Casbah, mais en Algérie la propriété est sacrée. Toute réquisition ou expropriation à des fins de valorisation se heurte à la loi et à la Constitution. »

Cette rencontre a mis en lumière la complexité de la conservation des peintures murales ottomanes en Algérie, entre respect du patrimoine, contraintes légales et volonté de valorisation culturelle, tout en soulignant le rôle central des spécialistes pour préserver cette richesse artistique.

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