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Août
Alger convoque le chargé d’affaires français après un communiqué sur les visas jugé « inacceptable »
Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué, ce mercredi, le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, Gilles Bourbao, à la suite de la publication d’un communiqué de la représentation diplomatique française concernant l’accréditation de ses agents diplomatiques et consulaires en Algérie.
Selon un communiqué du ministère, le diplomate français a été « fermement rappelé à l’ordre » en raison d’un texte qualifié de « grave entorse aux usages diplomatiques établis ». Le ministère a souligné que le document publié par l’ambassade de France est « inacceptable, tant sur la forme que sur le fond », car il contient « une présentation partiale et trompeuse des faits » et s’adresse « directement à l’opinion publique algérienne » dans une tentative d’attribuer à la diplomatie algérienne « une responsabilité exclusive et entière » dans la non-accréditation de certains diplomates et agents consulaires français.
Sur le plan formel, Alger dénonce un comportement « intolérable » qui constitue une violation de « l’esprit et de la lettre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 ». Sur le fond, le diplomate français a été rappelé à ses « pleines connaissances » du dossier et de ses véritables tenants.
Le ministère précise que le refus algérien d’accréditer des agents diplomatiques et consulaires français est intervenu après une décision similaire de Paris et après « l’épuisement de toutes les voies » initiées par Alger pour résoudre le différend. Il ne s’agirait, selon la diplomatie algérienne, que d’une stricte application du principe de réciprocité.
« Depuis plus de deux ans, ce sont les autorités françaises qui ont refusé d’accréditer des chefs de postes consulaires et des agents consulaires algériens en France », rappelle le communiqué. Trois consuls généraux et six consuls algériens n’ont toujours pas obtenu leurs accréditations, plus de six mois après leurs nominations. Par ailleurs, 46 agents diplomatiques et consulaires algériens n’ont pu rejoindre leurs postes en France, leurs demandes étant restées sans suite.
Cette situation, que le ministère qualifie de « délibérément créée » par Paris, aurait causé « de graves préjudices » aux ressortissants algériens en France, affectant les services consulaires et la protection qui leur est due.
La diplomatie algérienne accuse également la France d’utiliser la question des visas comme « instrument de pression » dans le cadre d’une politique qualifiée de « poigne de fer » envers Alger. Après avoir conduit l’Algérie à dénoncer l’accord bilatéral de 2013 relatif à l’exemption de visas pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service, Paris ouvrirait désormais une « seconde phase » visant les détenteurs de passeports ordinaires.
« Cette nouvelle étape se traduit par des pratiques de chantage, de marchandage et de pressions », conclut le communiqué du ministère des Affaires étrangères.
L’ambassade de France a Alger avait en effet annoncé hier 26 août dans un communiqué que ses effectifs diplomatiques et consulaires à Oran et Annaba seront réduits d’un tiers à compter du 1er septembre, faute d’accréditation délivrée par les autorités algériennes.
Cette réduction impactera selon la chancellerie française directement la capacité de traitement des demandes de visas.
L’ambassade de France a également annoncé que le nombre de rendez-vous disponibles auprès du prestataire Capago sera donc limité, et que les consulats français donneront désormais la priorité aux services aux ressortissants français, aux renouvellements de visas et aux dossiers étudiants.









