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Fév
Christophe Gleizes n’est pas une monnaie d’échange M. Nuñez
Il est pour le moins consternant de lancer des injonctions publiques à la manière de Retailleau quand on sait pertinemment qu’elles sont contre-productives. Christophe Gleizes n’est pas une monnaie d’échange, ni une contrepartie à une visite officielle.
Le clamer ainsi, comme le fait le ministre français de l’Intérieur, relève moins de la fermeté que d’une mise en scène politique qui fragilise les efforts discrets menés par beaucoup — et notamment par Ségolène Royal, dont le courage et l’humanité méritent d’être salués.
Est-ce cela le but ? Créer une crispation supplémentaire pour entraver une démarche de solidarité et de compassion ? Jouer au Retailleau pour flatter les réflexes haineux en France n’a rien de glorieux, ni d’efficace.
Oui, Christophe mérite être libéré. Mais pas pour servir de billet d’avion à un ministre vers Alger, mais pour ce qu’il est : un journaliste passionné par son métier, et pour ses parents, ses amis, tous ceux qui l’attendent.
(Le ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez a affirmé mardi qu’il irait en Algérie mais attendait « une amorce » de réponse d’Alger aux demandes de Paris sur la libération du journaliste français, Christophe Gleizes, ainsi que sur les reconduites dans leur pays d’Algériens en situation irrégulière en France.)

