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Jan
CAN 2025 : Le président de la FSF accuse le Maroc de contrôler la CAF et dénonce un traitement inacceptable
Une semaine après la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, les polémiques continuent d’alimenter l’actualité. Selon footmercato.net, ce samedi, c’est Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), qui s’est exprimé longuement sur cette rencontre, dans une vidéo publiée sur Séneweb, sans mâcher ses mots et en pointant du doigt le rôle du Maroc au sein de la CAF.
« Le Maroc tient la CAF, il faut se le dire : ils tiennent tout en main et décident de tout », a-t-il affirmé, revenant sur les nombreuses controverses avant et pendant la finale, concernant l’organisation, l’hébergement, la billetterie et l’arbitrage. Selon lui, « le Maroc ne pensait jamais qu’une autre équipe pouvait l’empêcher d’être champion. Il n’y a pas un pays qui s’est opposé au Maroc comme le Sénégal l’a fait ».
Les problèmes liés à l’hôtel et au camp d’entraînement
Abdoulaye Fall a d’abord évoqué les difficultés liées à l’hôtel proposé par la CAF. Avant même la qualification pour la finale, il avait demandé à Ablaye Sow, secrétaire général de la FSF, de vérifier l’hôtel prévu, mais la CAF avait refusé de donner des informations. « Ce n’est qu’après notre qualification que nous avons appris l’hôtel, situé en plein centre-ville, avec beaucoup de bruit. Une équipe du niveau du Sénégal ne pouvait pas y loger », a-t-il précisé.
Le président de la FSF a ensuite abordé la polémique du camp d’entraînement. Depuis le début de la compétition, les adversaires du Maroc s’entraînaient sur le terrain du complexe Mohammed VI de la sélection marocaine. Le Sénégal a refusé et a demandé à utiliser le stade annexe Moulay Abdellah. Faouzi Lekjaa, président de la FRMF, a finalement trouvé une solution. Abdoulaye Fall a détaillé : « Ils voulaient nous obliger à nous entraîner dans leur complexe. J’ai dit non. Même si le complexe est ultra-moderne, on y est totalement à découvert. Ensuite, à notre arrivée à Rabat, zéro encadrement, aucune sécurité. »
Il ajoute qu’après avoir discuté avec le président et le secrétaire général de la CAF, et voyant que le Maroc avait trop d’influence, il a décidé de publier un communiqué pour protéger l’équipe.
Arbitrage et billets : des blocages incompréhensibles
La FSF avait prévu une conférence de presse exceptionnelle avant la finale, finalement annulée. Selon Abdoulaye Fall, « à 1h30 du matin, Faouzi Lekjaa m’a appelé. Je lui ai expliqué que les conditions de sécurité étaient inacceptables. Le dispositif a alors été renforcé, des checkpoints installés et nous avons obtenu le centre annexe de Moulay Abdellah pour l’entraînement. »
Un autre point sensible a été la billetterie. La délégation sénégalaise n’avait droit qu’à trois tickets, tout le reste étant réservé par le Maroc. « Faouzi m’a dit : ‘faites une liste : certains iront en loge VIP, les autres en loge royale’ », raconte Fall.
Enfin, le président de la FSF a évoqué la nomination tardive de l’arbitre. « Deux jours avant la finale, nous devions connaître l’arbitre. On nous a donné l’information seulement la veille à 22h, empêchant toute possibilité de récusation. Pendant le match, nous avons envoyé notre lettre de protestation à la CAF. Personne n’ose s’opposer au Maroc, car ils ont la vice-présidence de la CAF et les moyens. »
Abdoulaye Fall conclut : « Faouzi Lekjaa est mon ami, c’est un compatriote, mais il y a des choses qu’on ne négocie jamais. C’est pour cela qu’on en est là aujourd’hui. »









