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Marta Widy-Behiesse : « J’ai été contaminée par l’amour de l’Algérie »
La résidence de l’ambassadeur de Pologne à Alger a abrité le jeudi 5 février, une conférence consacrée à l’orientalisme dans l’art, donnée par l’artiste et chercheuse polonaise Marta Widy-Behiesse. Intitulée « Entre fascination, réception et contre-visualité : l’orientalisme dans l’art polonais et mondial », la rencontre a été ouverte par Krzysztof Kopytko, ambassadeur de Pologne, qui a souhaité la bienvenue à l’assistance ainsi qu’à l’invitée d’honneur.
Dans son intervention, Marta Widy-Behiesse a affirmé sa fascination pour les peintres orientalistes, soulignant la grande qualité technique de leurs œuvres. Toutefois, elle a tenu à nuancer cette admiration en pointant une représentation biaisée de l’Orient, notamment lorsqu’il s’agit de l’image de la femme algérienne, marocaine ou tunisienne. « Cette vision n’est pas fidèle à la réalité et elle a profondément influencé notre manière de regarder le monde », a-t-elle expliqué.
L’artiste a ainsi interrogé la construction de l’image de la femme à travers le prisme orientaliste et le cheminement intellectuel ayant mené au concept de « décolonialité ». Elle a également souligné que l’inspiration orientale ne se limite pas à la peinture, mais traverse aussi la littérature et d’autres formes d’expression artistique.
Au cœur de ses recherches figure la peintre algérienne Djamila Ben Mohamed (1933-2023), qu’elle a présentée comme une figure majeure de l’art moderne algérien. Moudjahida durant la guerre de libération, Djamila Ben Mohamed est devenue une artiste reconnue, dont le parcours et l’œuvre ont profondément marqué Marta Widy-Behiesse et nourri son désir de découvrir l’Algérie. « C’est une femme exceptionnelle, fascinante et résolument moderniste », a-t-elle souligné.
À travers cette conférence, Marta Widy-Behiesse propose une relecture critique de l’orientalisme et de ses héritages visuels. Son regard met en lumière la nécessité de déconstruire les représentations coloniales, notamment celles liées à la femme. Un échange riche qui ouvre la voie à une approche décoloniale de l’art et de l’histoire culturelle.

