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Avr

Visite historique de Léon XIV en Algérie : discours croisés pour la paix et la fraternité à la Grande Mosquée

Le Centre de conférences de la Grande Mosquée d’Alger a accueilli, au premier jour de la visite du pape Léon XIV en Algérie, une séquence hautement symbolique marquée par des échanges de discours entre le président Abdelmadjid Tebboune et le souverain pontife.

Souhaitant la bienvenue « chaleureusement en Algérie » au chef de l’Église catholique, le président Tebboune a inscrit cette visite dans la profondeur historique du pays, décrivant l’Algérie comme « une terre à la longue histoire, carrefour des civilisations et d’ouverture ». Il a qualifié la présence du pape d’« événement historique », soulignant le caractère inédit de « la première visite d’un pape », qui « lui donne un aspect unique ». Le chef de l’État a également rappelé l’héritage spirituel du pays, évoquant « cette terre qui a donné saint Augustin, votre père spirituel », tout en affirmant que « l’Algérie est fière de Saint Augustin et de l’émir Abdelkader ».

Dans un propos à forte portée internationale, Abdelmadjid Tebboune a estimé que la voix du pape « a un écho particulier étant donné votre place et votre rôle au niveau international », rappelant que l’Algérie « a déclenché sa révolution pour la justice sociale ». Il a salué en son hôte « le meilleur défenseur de la paix au monde, en particulier au Moyen-Orient », mettant en avant « votre rôle courageux face à la tragédie de Gaza », avant de le qualifier de « meilleur porteur de la flamme de l’humanisme, de la paix et de la coexistence ».

Répondant à cet accueil, le pape Léon XIV a exprimé sa « profonde gratitude » pour cette visite, qui marque « l’entame de [sa] tournée africaine ». Évoquant un lien personnel avec le pays, il a rappelé avoir « déjà visité deux fois Annaba » et s’être dit « reconnaissant de pouvoir y retourner ». Se présentant comme « un homme de paix », il a insisté sur le fait que « nous sommes des frères et sœurs et avons le même Dieu au ciel ».

Dans un contexte international marqué par les tensions, le souverain pontife a appelé à « reconnaître l’entente cordiale » face « à un monde de conflits », estimant qu’« aujourd’hui, il faut ouvrir les portes qui sont fermées ». Se définissant comme « le témoin de la paix », il a rendu hommage au peuple algérien, affirmant qu’il « n’a jamais été défait par les crises », grâce à des valeurs « d’hospitalité et de solidarité ».

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