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Août
Trois ans de prison requis contre le créateur de contenu, Anouar Sayoud, qui avait traité une fillette de « petite prostituée »
Le procès du créateur de contenu algérien Anouar Sayoud s’est tenu mercredi après-midi devant le tribunal de Boufarik, après la polémique provoquée par une vidéo publiée sur les réseaux sociaux dans laquelle il avait tenu des propos jugés insultants à l’égard d’une fillette de 8 ans. Dans cette séquence, il critiquait la tenue vestimentaire de l’enfant avant de la qualifier de « petite prostituée », suscitant une vive indignation en Algérie.
À l’ouverture de l’audience couverte par la journaliste Abir Menasri qui en rapporte les détails sur son compte Facebook, cinq avocats se sont constitués pour assurer la défense de l’accusé. Un avocat représentant l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance s’est également constitué partie civile afin de défendre les droits de la fillette.
À la barre, Anouar Sayoud a reconnu être l’auteur de la vidéo, tout en affirmant que son intention était « bienveillante ». Il a soutenu que ses propos avaient été mal interprétés et que l’affaire avait pris une ampleur disproportionnée. Il a également déclaré être attaché à la protection des droits de l’enfant, expliquant avoir simplement mal choisi ses mots.
La défense a plaidé que son client avait commis une erreur d’expression sans viser une personne identifiée, estimant qu’il souhaitait uniquement prodiguer un conseil. L’une de ses avocates a décrit Anouar Sayoud comme un jeune homme de bonne moralité, habitué à publier des vidéos de sensibilisation portant notamment sur la propreté, le civisme et les valeurs religieuses. Les avocats ont également estimé que l’affaire avait été amplifiée par les réseaux sociaux, appelant à une meilleure régulation de ces plateformes.
De son côté, l’avocat représentant l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance a rappelé que le dossier ne concernait pas la liberté d’expression, mais la protection de la dignité des enfants. Selon lui, les réseaux sociaux ne peuvent justifier des propos portant atteinte à l’honneur et aux droits d’un mineur.
Le procureur de la République près le tribunal de Boufarik a requis une peine de trois ans de prison ferme assortie d’une amende de 300 000 dinars, affirmant que « l’enfant est une ligne rouge ».
Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 12 août.









