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Fév
Protéger les experts de l’ONU, c’est défendre le droit international selon Amnesty
Des responsables européens ont appelé à la démission de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits humains dans le Territoire palestinien occupé, à la suite d’une polémique fondée sur des propos déformés, rapporte ce dimanche Amnesty International dans un communiqué transmis à notre rédaction.
»Attaquer une experte indépendante des Nations unies au lieu de défendre le droit international est une dérive grave. », poursuit l’organisation internationale.
« Les mécanismes onusiens existent pour enquêter, documenter et exiger des comptes lorsque des violations massives des droits humains sont commises. Les discréditer fragilise l’ensemble du système de protection des droits fondamentaux. Nous refusons les campagnes de désinformation et les tentatives d’intimidation. Protéger l’indépendance des experts de l’ONU, c’est protéger le droit international. » conclut Amnesty International.
Le 11 février, lors d’une séance à l’Assemblée nationale, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait condamné « sans aucune réserve » des propos attribués à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’Organisation des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés. Il a qualifié ces déclarations d’« outrancières et coupables » et a appelé à sa démission.
Francesca Albanese exerce depuis 2022 le mandat de rapporteuse spéciale sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. À ce titre, elle présente des rapports au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et appelle régulièrement au respect du droit international humanitaire, notamment en matière d’autodétermination, de colonisation et d’obligations des États membres.
La réaction du ministre français faisait suite à une question posée dans l’hémicycle par la députée des Français établis hors de France, Caroline Yadan, qui a affirmé que Francesca Albanese aurait déclaré lors d’un événement qu’« Israël est un danger pour l’humanité ».
Or, selon les éléments disponibles et les interventions publiques recensées de la rapporteuse spéciale, cette déclaration n’a jamais été prononcée. Aucune trace d’une telle citation n’a été établie à ce stade, ce qui laisse penser que la réaction du chef de la diplomatie française s’est appuyée sur une fake news.









