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Fév

António Guterres appelle à huit mesures concrètes pour accélérer l’égalité femmes-hommes

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a livré une tribune engagée appelant les dirigeants du monde à faire de l’égalité des genres une priorité absolue. Après près d’une décennie à la tête de l’Organisation des Nations unies, il dresse un constat sans détour : l’inégalité entre les femmes et les hommes demeure, selon lui, « le plus grand défi de notre époque en matière de droits humains ».

Dans un contexte mondial marqué par les crises climatiques, l’aggravation de la pauvreté, la multiplication des conflits et le rétrécissement de l’espace civique, le chef de l’ONU affirme avoir observé un point commun aux solutions durables : l’implication des femmes. Il présente ainsi huit mesures destinées à produire des résultats concrets.

Première priorité : rééquilibrer le pouvoir. Les institutions politiques et économiques restent largement dominées par les hommes, une situation aggravée par la montée de l’autoritarisme, qui fragilise les droits acquis, notamment en matière de travail et de droits reproductifs. « Lorsque le pouvoir est partagé, la liberté grandit », soutient-il.

Deuxième axe : faire de la parité une priorité réelle, notamment aux postes de direction. À l’ONU, l’objectif de parité a été atteint au sommet de l’organisation, assure-t-il, grâce à un élargissement du vivier de candidatures féminines qualifiées, sans compromis sur les exigences.

António Guterres insiste également sur l’argument économique. Investir dans l’éducation des filles, la santé maternelle, la planification familiale ou encore les services de garde constitue, selon lui, « l’investissement le plus rentable », susceptible d’accroître significativement les revenus nationaux et de réduire les inégalités.

Sur le terrain des conflits, il plaide pour une participation accrue des femmes aux processus de paix, estimant que les accords sont plus durables lorsqu’elles prennent part aux négociations et à leur mise en œuvre. Il regrette leur exclusion persistante dans plusieurs crises majeures, notamment à Gaza, en Ukraine et au Soudan.

Le secrétaire général appelle par ailleurs à mettre fin aux discriminations juridiques. À l’échelle mondiale, les femmes ne disposent en moyenne que de 64 % des droits reconnus aux hommes. Il exhorte les États à abolir les lois discriminatoires et à garantir l’accès effectif à la justice.

Autre urgence : la lutte contre les violences de genre. Qualifiée « d’urgence mondiale », cette violence doit faire l’objet d’une tolérance zéro, avec des mécanismes de responsabilité clairs et un soutien renforcé aux survivantes.

Il met également en garde contre les biais technologiques et la misogynie en ligne, soulignant la sous-représentation des femmes dans le secteur des technologies. Il appelle les entreprises et les pouvoirs publics à agir pour créer des espaces numériques sûrs et inclusifs, tout en levant les obstacles freinant l’accès des filles aux filières scientifiques.

Enfin, António Guterres défend l’intégration systématique de la dimension de genre dans l’action climatique. Les femmes sont souvent les plus vulnérables face aux catastrophes et aux crises alimentaires, mais elles sont aussi en première ligne des solutions environnementales. Des politiques climatiques sensibles au genre sont, selon lui, indispensables pour bâtir un monde durable.

En conclusion, le secrétaire général invite les dirigeants à transformer ces engagements en actions concrètes. « Si nous prenons au sérieux l’égalité des genres, nous changerons le monde – pour les femmes et les filles, et pour nous tous », affirme-t-il.

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