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Mort d’Anis Djaad : une pluie d’hommages pour le journaliste et cinéaste algérien

La disparition du journaliste, écrivain et cinéaste algérien Anis Djaad, décédé mercredi en France à l’âge de 51 ans des suites d’un infarctus, a suscité une vive émotion dans les milieux journalistiques et cinématographiques. De nombreux confrères, amis et artistes lui ont rendu hommage, saluant un homme passionné, exigeant et profondément humain.

La journaliste Malika Abdelaziz a évoqué le regard singulier qu’il portait sur le cinéma :
« J’aimais beaucoup ce chemin bien à lui qu’il traçait dans le cinéma algérien. Mes pensées pour sa famille et pour ses collaborateurs techniciens et acteurs, actrices qu’il filmait toujours avec justesse et intensité. »

Pour le journaliste Ali Boukhlef, la nouvelle a été un choc :
« Il y a des informations qui viennent vous fracasser le visage au réveil. Celle du départ prématuré de Anis Djaad en est une. Ancien collègue à La Tribune, devenu cinéaste, le fils du grand Abdelkrim Djaad ne laissait personne indifférent. Gentil humainement, exigeant professionnellement, Anis était l’ami de tous. »

Le journaliste Adlène Meddi a lui aussi exprimé sa tristesse :
« Terrible nouvelle !!! Il va nous manquer ce talentueux gars, plein d’humour, gentil, intello sans en faire des tonnes. Anis, un mec super qui part si jeune. »

Pour Mohamed Iouanoughene, cette disparition dépasse le destin individuel :
« C’est toute une génération de cinéastes qui s’en va avec la mort de Anis Djaad. »

Le journaliste Khaled Drareni a, de son côté, rappelé leurs débuts communs dans la presse :
« Tu as été mon premier chef de rubrique à La Tribune, il y a vingt ans, presque jour pour jour (avril 2006). À la rubrique internationale, aux côtés de Moumene Belghoul, lors de mes débuts dans le journalisme, nous avons tant appris à tes côtés — et tant ri aussi. Puis, après le journalisme, tu as poursuivi ta route en devenant un grand cinéaste et metteur en scène, sans jamais perdre cette passion et cette générosité qui te caractérisaient. »

Pour le cinéaste Yanis Koussim, « un réalisateur qui s’en va, c’est une univers qui s’éteint ». « Que la terre te soit légère collègue. », conclut-t-il.

Le réalisateur Boualem Ziani lui a adressé un hommage empreint d’émotion :
« On ne s’attendait pas à ton départ. Vraiment ! On attendait la sortie d’un nouveau film. Cela ne fait pas longtemps que tu as enterré ta maman. Tu n’as pas supporté cette séparation, alors tu as décidé de la rejoindre. Tu aimais raconter des histoires, et maintenant, tu en es une. Ta voix rock est toujours dans mon oreille depuis ton dernier appel. Dors en paix, cher Anis. »

Le cinéaste Bachir Derrais a quant à lui livré une réflexion plus large sur le destin de nombreux réalisateurs algériens :
« À la base, le cinéma a été inventé pour faire rêver les hommes. En Algérie, non seulement il ne fait plus rêver, mais il finit parfois par les épuiser, les briser, les emporter trop tôt. Aujourd’hui, Anis Djaad s’ajoute à cette longue et douloureuse liste de cinéastes que le cinéma a fini par tuer : Med Zinet, Azzedine Meddour, Dahmane Bouguermouh, Farouk Belloufa, Brahim Tsaki, Mahmoud Zemmouri, Aziz Tolbi, Djamel Khelfaoui, M. Amzert, Sid Ali Fettar… et tant d’autres tous morts en exil. Des artistes consumés par la passion, fatigués par les combats, usés par l’indifférence, parfois par l’exil. Repose en paix Anis. Le cinéma algérien perd encore un des siens. »

Le journaliste Abdelkrim Ghezali a lui aussi fait part de son émotion :
« Quelle terrible nouvelle. C’est une perte affligeante d’un journaliste talentueux, d’un artiste sensible et d’un ami. »

La journaliste Ghada Hamrouche a, elle aussi, salué la sensibilité artistique du cinéaste :
« Avec la disparition d’Anis Djaâd, le cinéma algérien perd un de ses nouveaux talents. Anis Djaâd était un regard sensible et une voix en pleine maturité. Mais ses films, eux, continueront de témoigner de cette fidélité obstinée à l’humain. »

Enfin, le journaliste et producteur Tewfik Hakem a rappelé l’engagement artistique du cinéaste :
« Anis Djaad savait et aimait raconter l’Algérie d’aujourd’hui. Avec peu de moyens et beaucoup de cœur, il réussissait à nous étonner et à nous émouvoir. Son talent, sa gentillesse et sa modestie vont nous manquer. »

À travers ces nombreux témoignages, c’est le portrait d’un homme passionné de cinéma et de journalisme, apprécié pour sa générosité et son regard singulier sur l’Algérie contemporaine, qui se dessine. Sa disparition laisse un vide profond parmi ceux qui l’ont connu, accompagné ou admiré.

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